Aller au contenu
Calculer

Accueil › Conseils

Conseils 3 min de lecture

Peut-on utiliser l'eau du robinet en hydroponie ?

Oui, dans la grande majorité des cas. L'eau du robinet convient à l'hydroponie, à condition de connaître son point de départ : mesurez l'EC de l'eau seule, laissez-la revenir à température ambiante, et ajustez le pH après l'engrais. Une eau très calcaire ou traitée à la chloramine demande seulement quelques précautions.

Carafe d'eau du robinet à côté d'un bac hydroponique ouvert, racines de laitues visibles dans l'eau

Mesurer son point de départ

L'eau du réseau n'est pas neutre : elle contient déjà des sels minéraux. Avant de préparer votre première solution nutritive, mesurez l'EC de l'eau seule. Cette valeur est votre base : l'engrais s'y ajoute. Votre fournisseur d'eau publie souvent la dureté et la composition de l'eau distribuée ; c'est une information utile à garder dans votre carnet de culture.

Une EC de départ élevée laisse moins de marge pour l'engrais, surtout pour les cultures qui demandent une solution peu concentrée, comme la laitue (0,8 à 1,2 mS/cm).

L'eau calcaire

Une eau dure apporte du calcium et du magnésium, ce qui n'est pas un défaut en soi. Mais elle contient aussi des bicarbonates, qui font remonter le pH. Conséquences pratiques :

  • il faudra souvent un peu de correcteur pH− pour ramener la solution vers 5,5 à 6,5 ;
  • le pH aura tendance à remonter entre deux contrôles ; mesurez-le régulièrement.

Manipulez les correcteurs avec des gants et des lunettes, par petites doses : voir Quel pH pour l'eau d'arrosage ou la solution nutritive ?

Évitez en revanche l'eau passée par un adoucisseur à sel : il remplace le calcium et le magnésium par du sodium, dont les plantes n'ont pas besoin. Prenez l'eau à un robinet non adouci si votre logement en a un.

Chlore et chloramine

  • Le chlore libre s'évapore en partie si l'on laisse reposer l'eau à l'air libre quelques heures à une journée, dans un récipient ouvert.
  • La chloramine, utilisée par certains réseaux à la place du chlore, est stable : laisser reposer l'eau ne l'élimine pas. Un filtre à charbon actif adapté la réduit.

Aux doses du réseau, ces désinfectants gênent surtout les systèmes hydroponiques recirculants et les apports biologiques (bactéries ou champignons bénéfiques). Pour un bac Kratky de salades, laisser reposer l'eau suffit en général. Si vous ne savez pas lequel des deux est utilisé chez vous, votre fournisseur d'eau peut vous le dire.

Et l'eau osmosée ?

L'eau osmosée est presque pure : son EC est proche de 0. Elle donne un contrôle total de la solution, mais elle ne contient plus ni calcium ni magnésium. Si vous l'utilisez :

  • choisissez un engrais conçu pour l'eau douce ou osmosée, ou ajoutez un complément calcium-magnésium ;
  • ou mélangez-la avec de l'eau du robinet pour abaisser une EC de départ trop élevée.

Pour la plupart des débutants, l'osmoseur n'est pas nécessaire : une eau du robinet bien mesurée fonctionne très bien.

Préparer la solution, étape par étape

  1. Remplissez le réservoir d'eau du robinet, reposée si elle est chlorée, à température ambiante.
  2. Mesurez l'EC de l'eau seule et notez-la.
  3. Ajoutez la partie A de l'engrais, mélangez, puis la partie B, mélangez. Ne mélangez jamais les concentrés A et B purs entre eux.
  4. Mesurez l'EC de la solution et comparez-la à la plage de la culture.
  5. Ajustez le pH en dernier.

Gardez ensuite la solution entre 18 et 22 °C environ : plus chaude, elle contient moins d'oxygène et favorise les pourritures des racines. Une eau glacée versée directement sur les racines est aussi à éviter. Le détail est dans L'eau du robinet et Gérer la solution nutritive.

À retenir : l'eau du robinet convient. Mesurez son EC seule, laissez-la reposer si elle est chlorée, évitez l'eau adoucie, et ajustez le pH après l'engrais. L'eau osmosée n'est utile que si votre eau est très chargée, avec un apport de calcium et de magnésium.

Publié le 2 octobre 2026 dans « Eau, hydroponie et nutriments ». Valeurs indicatives tirées de la littérature horticole (voir les sources).

À lire aussi