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Éclairage LEDGuide 3 sur 6 9 min de lecture

Installer, régler et mesurer ses LED

Une bonne lampe mal installée donne de mauvais résultats. Cette page vous montre comment suspendre et programmer vos LED, vérifier la lumière reçue par les plantes et corriger les réglages en lisant leurs feuilles.

Réglage de la hauteur d'une barre LED au-dessus de basilic, capteur PAR posé sur le bac

Hauteur de suspension

Plus la lampe est proche, plus le PPFD est élevé au centre, mais plus la zone éclairée est petite. Plus elle est haute, plus la lumière est répartie, mais plus elle est faible. Le bon réglage dépend du luminaire : suivez d'abord la carte PPFD du fabricant, puis vérifiez par la mesure (voir aussi À quelle hauteur placer une lampe LED ?).

Type de luminaireDistance lampe–sommet des plantes (ordre de grandeur)
Réglettes et tubes T5/T8 LED10–30 cm
Barres de faible puissance (moins de 50 W)20–30 cm
Petit panneau (moins de 100 W)25–45 cm
Panneau ou barres de 100 à 300 W30–60 cm

Ajuster selon le stade

  • Semis et plantules : lampe plus haute ou gradée, autour de 100 à 200 µmol/m²/s.
  • Croissance végétative : rapprochez ou augmentez progressivement jusqu'au PPFD de croissance de la culture (par exemple 250 pour la laitue, 350 pour la tomate).
  • Fructification ou floraison : montez au PPFD de production (environ 400 à 500 µmol/m²/s pour le fraisier et les légumes fruits ; pour le chanvre en floraison, environ 800 µmol/m²/s avec une photopériode ramenée à 12 h).

Remontez la lampe au fur et à mesure que les plantes grandissent, pour garder une distance constante avec le sommet du feuillage. Les valeurs cibles par culture sont reprises dans le calculateur et les fiches légumes.

Obtenir une lumière uniforme

L'uniformité désigne l'écart de PPFD entre le centre et les bords. Une mauvaise uniformité donne des plantes du centre vigoureuses et des plantes des bords étirées.

Schéma comparant des barres LED trop espacées, qui laissent une zone sombre, et des barres dont l'entraxe est inférieur à la hauteur, qui éclairent régulièrement
Quand l'entraxe dépasse la hauteur de suspension, les faisceaux ne se recouvrent plus et des zones sombres apparaissent.
  • Espacement : si vous utilisez plusieurs lampes ou réglettes, gardez un entraxe (distance entre les axes de deux lampes voisines) inférieur ou égal à leur hauteur au-dessus des plantes.
  • Bords : ils reçoivent toujours moins de lumière, souvent 30 à 50 % de moins qu'au centre. Placez-y les cultures les moins exigeantes (salades, aromatiques) ou les jeunes plants.
  • Parois réfléchissantes : un blanc mat ou un film mylar (film plastique métallisé, très réfléchissant) renvoie une bonne partie de la lumière vers les plantes. Le blanc mat diffuse de façon homogène et suffit dans la plupart des cas. Évitez les miroirs et l'aluminium froissé, qui créent des points chauds.
  • Rotation : tournez les pots ou permutez les plateaux régulièrement si l'éclairage reste inégal.

Montage et fixation

  • Suspendez la lampe avec des suspensions à cliquet (poulies réglables) : elles permettent d'ajuster la hauteur en quelques secondes, sans outil.
  • Vérifiez que la barre de la tente ou le crochet au plafond supporte le poids du luminaire avec une marge.
  • Fixez les barres LED sur leur cadre avec toutes les vis prévues ; une barre qui pend ou tombe peut abîmer les plantes et le câblage.
  • Gardez la lampe bien horizontale pour une répartition régulière.
  • Sur une étagère, fixez les réglettes sous le niveau supérieur avec des clips ou des colliers, en laissant un espace pour l'air autour du dissipateur.
  • Faites passer les câbles le long des montants, loin des bacs, des réservoirs et des zones d'arrosage.

Programmer la photopériode

Une photopériode régulière compte autant que l'intensité. Utilisez une minuterie : mécanique (simple et fiable), numérique ou connectée. Vérifiez que sa puissance admissible dépasse largement celle de la lampe.

  • Visez 14 à 16 h pour les salades et les aromatiques (12 h pour l'épinard et la coriandre, qui montent vite en graines en jours longs), 16 h pour les micro-pousses, les légumes fruits (piment compris, y compris en fructification, sauf la tomate naine) et le fraisier.
  • Tomate naine et safran. La tomate naine passe à 18 h en fructification : au-delà de 350 µmol/m²/s elle ne gagne rien, on allonge donc plutôt la durée. Le safran se contente d'environ 10 h pendant sa floraison.
  • Chanvre : 18 h en croissance, puis 12 h d'éclairage et 12 h d'obscurité complète pour déclencher et conduire la floraison, avec un PPFD d'environ 800 µmol/m²/s.
  • Tomate : pas de 24 h/24. Les lésions des feuilles (marbrures, jaunissements) apparaissent en éclairage quasi continu, proche de 24 h. Par prudence, ne dépassez pas environ 18 h.
  • Respectez la nuit des plantes : n'allumez pas la lumière de la pièce pendant la période d'obscurité, sauf brièvement. Des interruptions répétées perturbent certaines cultures sensibles à la durée du jour, notamment les fraisiers non remontants (variétés de jours courts).
  • Évitez aussi les coupures en pleine journée d'éclairage : gardez un horaire fixe, chaque jour.
  • En été, placez la période d'éclairage la nuit si la chaleur est un problème : la plante ne fait pas la différence avec l'heure réelle.

Pour relier durée et intensité, pensez en DLI : la formule est détaillée dans Les bases : PAR, PPFD, DLI et spectre.

Gradation et acclimatation

Des plantules ou des plants achetés en jardinerie ne supportent pas un passage brutal à une lumière forte. Utilisez la gradation de la lampe, ou sa hauteur, pour augmenter l'intensité progressivement :

  • démarrez vers 40 à 60 % de la puissance après la levée ;
  • augmentez par paliers de 10 à 20 % tous les quelques jours ;
  • observez les feuilles à chaque palier et revenez en arrière au moindre signe de stress.

Certaines minuteries et lampes connectées proposent un allumage et une extinction progressifs. C'est agréable mais pas indispensable.

Mesurer la lumière

Le PAR-mètre, ou capteur quantique (quantum sensor)

C'est l'outil de référence : il mesure directement le PPFD en µmol/m²/s. Un modèle dont le capteur est conçu pour les LED donne des mesures fiables quel que soit le spectre. C'est un investissement, mais il permet de régler précisément et de vérifier les promesses d'un fabricant.

Les applications smartphone

Des applications estiment le PPFD à partir du capteur de luminosité ou de la caméra du téléphone. Leur fiabilité est limitée : ces capteurs varient d'un téléphone à l'autre. Certaines proposent une calibration avec un diffuseur ou un facteur de correction selon le type de lampe ; sans cela, considérez le résultat comme une estimation grossière, utile surtout pour comparer deux positions entre elles.

Le luxmètre avec un facteur de conversion

Un luxmètre mesure des lux, pas des photons. On peut toutefois estimer le PPFD avec un facteur de conversion qui dépend du spectre. Pour une LED blanche plein spectre, on compte approximativement 1 µmol/m²/s pour 55 à 75 lux :

PPFD ≈ lux / 65 (LED blanche, estimation approximative)

Exemple : 20 000 lux sous une LED blanche correspondent grossièrement à 270–360 µmol/m²/s. Ce facteur ne vaut pas pour les lampes rouge-bleu, pour lesquelles le luxmètre sous-estime fortement le PPFD.

Attention : les conversions lux → PPFD et les applications smartphone donnent des ordres de grandeur, avec des erreurs possibles de 20 % ou plus. Pour un réglage fin, seul un PAR-mètre fait foi.

Méthode de mesure en grille

Une seule mesure au centre ne suffit pas. Mesurez en 9 points pour connaître le PPFD moyen et l'uniformité :

Vue de dessus d'un bac avec 9 points de mesure du PPFD, plus élevé au centre qu'aux coins
Exemple de relevé : le centre reçoit plus de lumière que les coins, ce qui est normal.
  1. Placez la lampe à sa hauteur de travail, allumée depuis quelques minutes, parois de la tente fermées.
  2. Divisez la surface de culture en 3 × 3 cases égales et mesurez au centre de chaque case.
  3. Tenez le capteur à plat, à la hauteur du sommet des plantes, sans faire d'ombre avec la main ou le corps.
  4. Notez les 9 valeurs et calculez la moyenne.
  5. Calculez l'uniformité : valeur minimale ÷ moyenne. Au-dessus de 0,7, c'est satisfaisant.
Exemple (µmol/m²/s)GaucheCentreDroite
Arrière220290210
Milieu280360270
Avant210280200

Dans cet exemple, la moyenne est d'environ 260 µmol/m²/s et l'uniformité vaut environ 0,77 (200 ÷ 260) : un bon réglage pour des salades. Recommencez la mesure après chaque changement de hauteur ou de gradation.

Trop ou pas assez de lumière : les signes

SituationSymptômesCorrection
Trop de lumièreFeuilles du haut qui pâlissent, blanchissent ou jaunissent (décoloration) ; feuilles qui se recroquevillent ou se relèvent en « cuillère » ; bords secsRemonter la lampe ou réduire la gradation ; vérifier la température sous la lampe
Pas assez de lumièreTiges longues et fines, entre-nœuds espacés (étiolement) ; plantes qui se penchent vers la lampe ; feuilles grandes et minces ; peu de fleurs ou de fruitsRapprocher la lampe, augmenter la gradation ou la durée, ajouter un luminaire
Nuit insuffisante (photopériode trop longue)Chloroses et marbrures, en particulier chez la tomate en éclairage quasi continu (proche de 24 h)Revenir à une photopériode de 16 h, 18 h au maximum par prudence pour la tomate

Ces symptômes peuvent être confondus avec des carences ou un problème de climat. Avant de modifier l'éclairage, vérifiez aussi l'arrosage, le pH et la température : voir Problèmes, carences et ravageurs.

Sécurité électrique et chaleur

Eau, humidité et électricité cohabitent dans un espace de culture. Ces règles ne sont pas négociables :

  • Branchez l'installation sur un circuit protégé par un disjoncteur différentiel 30 mA.
  • Placez les prises, multiprises et minuteries en hauteur, hors des zones d'éclaboussure et jamais au sol sous les bacs.
  • Utilisez des câbles et rallonges dimensionnés pour la puissance totale ; pas de multiprises branchées en cascade.
  • Formez une boucle d'égouttement : le câble descend sous la prise avant de remonter, pour que l'eau ne suive pas le câble jusqu'au contact.
  • Débranchez la lampe avant de la manipuler ou de la nettoyer, et n'arrosez jamais une lampe allumée.
  • Laissez circuler l'air autour des dissipateurs et du driver ; ne couvrez jamais une lampe allumée.
  • Surveillez la température au niveau des feuilles : une petite tente peut dépasser 30 °C avec une lampe puissante. Voir Température, humidité et ventilation.

Attention : un driver ou une prise anormalement chauds, une odeur de brûlé ou un grésillement imposent de couper l'alimentation immédiatement et de faire vérifier le matériel.

Entretien

  • Poussière : tous les un à deux mois, lampe débranchée et froide, dépoussiérez les diodes et le dissipateur avec un chiffon sec et doux ou un pinceau. La poussière réduit la lumière émise et gêne le refroidissement.
  • Drivers : vérifiez qu'ils ne chauffent pas plus que d'habitude, que les ventilateurs éventuels tournent et que les connecteurs sont propres et bien serrés.
  • Câbles et fixations : contrôlez l'état des gaines, des suspensions à cliquet et des crochets.
  • Parois : nettoyez les surfaces réfléchissantes, qui perdent leur efficacité en se salissant.
  • Mesures : refaites une mesure en grille une ou deux fois par an ; les LED perdent lentement de l'intensité avec les années.

À retenir : mesurez, ajustez progressivement et observez vos plantes. Elles vous indiquent vite si la lumière est bien réglée.